rédiger son projet de naissance

Mais qu’est-ce que c’est qu’un projet de naissance ?

Lors de mon deuxième rendez-vous à la maternité, quand la sage-femme m’a demandé « avez-vous un projet de naissance ?« , je l’ai regardée avec des yeux ronds comme des soucoupes. Première fois que j’entendais parler de ce truc. Elle n’a pas insisté.

Et après, quand j’en ai à nouveau entendu parler, et qu’au premier TP j’ai eu l’impression que tout le monde en avait fait un sauf moi (la honte), je me suis dit que, quand même, peut-être que je devrais en faire un ?

Un projet de naissance, c’est tout simplement, un document qui sera glissé dans ton dossier et qui indiquera au personnel soignant comment tu souhaites vivre ton accouchement. Il ne faut pas faire une liste d’injonctions au risque de passer pour la reloue de service. Il faut aussi bien se dire qu’il ne sera pas forcément respecté, pour des raisons matérielles ou à causes d’imprévus (à part pour les césariennes programmées, on ne peut pas vraiment prévoir comment un accouchement va se passer !). Bref, cela permet de faire le point sur ses désirs pour le jour J.

Et si comme moi tu n’as encore jamais accouché de ta vie, tu ne sais pas ce qui existe, donc tu ne sais pas ce que tu veux, et tu te retrouves vite face au syndrome de la page blanche.

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Crédit photo : © Anne Geddes

Mon projet de naissance, j’ai commencé à y penser fortement et à le rédiger à partir de la troisième échographie, lorsqu’on m’a annoncé que bébé était en siège, avec tout ce que cela impliquait. Dont la possible césarienne, qui ne me tentait pas plus que ça !

Le fait que bébé ne se présente pas comme prévu a vraiment bousculé les choses, et j’ai voulu mettre sur papier les différentes possibilités (dont cette fameuse césarienne), pour en quelques sortes, exorciser mes peurs, et faire le point non pas sur ce que je voulais pour mon accouchement, mais sur ce que je ne voulais pas : être séparée du papa et/ou du bébé.

Je ne me suis donc pas servie du projet de naissance pour mettre sur papier l’accouchement idéal que je voulais vivre, mais l’accouchement horrible que je voulais éviter !

Et ça marche aussi ! Car le projet de naissance est un outil qui permet de créer le dialogue avec les personnes qui t’accompagneront lors de ton accouchement. Je pense qu’il faut également avoir bien choisi sa maternité, car je ne suis pas sûre que dans les grands hôpitaux / usines on s’occupe beaucoup de ce genre de document. (Cela dit, je ne suis pas allée voir).

Je te laisse donc le mien, si ça t’intéresse, et je te dirai bientôt ce qui a ou n’a pas été respecté !

Projet de naissance

 

Tout d’abord nous tenons à remercier tout membre du personnel de la maternité qui prendra la peine de lire notre projet de naissance, pour ainsi nous aider à vivre un accouchement serein et le plus proche possible de nos espérances.

Il est très important pour nous de rester soudés, ensemble, pour former notre petite famille dès le début du travail. Ainsi mon compagnon souhaite être présent à toutes les étapes de la naissance, y compris en cas de césarienne.

Pour les mêmes raisons, nous souhaitons également qu’en dehors de toute pathologie, bébé ne soit pas séparé de ses parents, même dans une pièce attenante à la salle d’accouchement.

Nous vous serions vraiment reconnaissants de prendre le temps pour que chaque geste, chaque intervention nous soit clairement expliqués et que rien ne soit entrepris sans nous avoir consulté auparavant : que les décisions médicales concernant la maman et le bébé soient prises en concertation avec les parents et le corps médical, que les étapes et l’avancée du travail nous soient expliquées pour que nous puissions participer, coopérer.

En cas d’accouchement par voie basse

Je souhaite avoir la liberté de mes mouvements pendant le travail : pouvoir marcher et choisir ma position durant le travail. Si un suivi au monitoring est nécessaire, je souhaite qu’il soit ambulatoire ou discontinu. Nous ne souhaitons pas que le processus physiologique de l’accouchement soit accéléré ou ralenti artificiellement (sauf si la santé de bébé ou de la maman le nécessite).

Je ne suis pas opposée à la péridurale, je souhaite cependant juger par moi-même le moment venu : je ne souhaite donc pas qu’on me la propose, mais que l’on me prévienne lorsqu’il va être trop tard pour la poser.

Lors de la phase d’expulsion, s’il y a progrès et que le bébé et moi sommes en bonne santé, je ne souhaite pas qu’on intervienne (instruments ou injection d’ocytocine)

Je souhaite que l’on propose à mon compagnon de couper le cordon ombilical.

Je souhaite que mon bébé soit placé sur mon torse dès sa sortie afin de faire connaissance. Nous aimerions avoir le temps, au calme, de la rencontre avec le bébé, en peau à peau, pour qu’il puisse téter s’il le souhaite. Juste vivre ce moment important sans interférer pour des raisons de temps ou organisationnelles. Si c’est possible.

Afin de profiter de ce moment en toute quiétude lors d’une séance de peau-à-peau, je souhaite que les soins qui peuvent attendre soient remis à plus tard. Que bébé  ne soit pas pesé, mesuré, lavé et habillé dans les premières heures de sa vie.

Je souhaite mettre au sein mon enfant dès la salle de naissance.

En cas de césarienne

Je souhaite que mon compagnon puisse être présent à mes côtés lors de la césarienne, afin de me soutenir.

Je souhaite que mon bébé soit placé sur mon torse dès sa sortie afin de faire connaissance. Je souhaite mettre au sein mon enfant dès que possible.

Afin de profiter de ce moment en toute quiétude lors d’une séance de peau-à-peau, je souhaite que les soins qui peuvent attendre soient remis à plus tard. Que bébé  ne soit pas pesé, mesuré, lavé et habillé dans les premières heures de sa vie.

Si cela est possible et ne dérange personne, je souhaite être accompagnée du père et du bébé dans la salle de réveil. Si cela n’est pas du tout possible, cela me rassurerait de savoir que bébé est dans les bras de son papa.

En cas de problème de santé chez le bébé après sa naissance

Nous souhaitons avoir accès à des informations claires en cas de maladie ou anomalie, et que chaque décision soit prise en concertation avec nous, parents. Nous aimerions que la proximité mère enfant soit maintenue au maximum, ou du moins que la présence du papa soit maintenue en permanence auprès du bébé.

Séjour à la maternité

Je souhaite allaiter exclusivement mon enfant, et pour cela recevoir l’aide d’une sage-femme. J’aimerais allaiter bébé à la demande ; en cas d’impossibilité de le nourrir directement, pouvoir tirer mon lait et lui donner ou qu’il lui soit administré par le papa.

Nous souhaitons que notre enfant reste avec sa maman et ne soit pas confié à la nurserie. Nous aimerions aussi être présents et consultés lors de tous les examens et soins prodigués à notre enfant, et que tout nous soit expliqué.

 

Merci à tous pour votre implication et votre dévouement lors de ce moment si spécial pour nous.

 

V & G

quand bébé n’a pas compris de quel côté était la sortie

Ahlala, sacré bébé !

Lors de la troisième échographie, toute émue de voir la bouille de la chair de ma chair, je ne m’attendais pas à ce que le radiologue m’annonce que cette crevette s’était bien retournée, mais dans le mauvais sens. La tête en haut. Zut.

Alors que mes amies enceintes annonçaient toutes heureuses que « bébé prend la direction de la sortie« , je déclarais, un peu inquiète… « bah le mien il est en siège« .

La plupart des gens te diront qu’il a encore deux mois pour se retourner, et c’est vrai. Sauf qu’il profite de ses deux mois pour s’engraisser et qu’il a de moins en moins de place pour se retourner… donc en vrai il n’a pas deux mois.

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Crédit photo : © Anne Geddes

A peine sortie j’ai donc commencé à me renseigner sur internet, et auprès de la sage-femme avec laquelle j’avais rendez-vous dès le lendemain. Il y avait donc plusieurs possibilités.

  1. Bébé finissait par se retourner avant le jour J, avec ou sans mon aide. Je suis allée voir une ostéopathe qui m’a montré quelques positions pour favoriser les mouvements du bébé, l’aider à se retourner. J’ai aussi tenté l’acupuncture. Et la sage-femme m’a parlé de la version, possible vers la 36ème semaine. Si j’ai tenté les méthodes douces qui pouvaient aider bébé à se retourner, j’ai beaucoup réfléchi et décidé de ne pas opter pour la version. D’abord parce que ça fait mal (même si apparemment le bébé ne sentirait rien…), ensuite parce que ça ne marche pas toujours, et que même quand ça marche le risque est que bébé se retourne une nouvelle fois pour retrouver la position qui lui plaisait. Et c’est surtout ça qui me dérange : après réflexion, je considère que si mon bébé reste en siège, c’est aussi parce que quelque part il se sent bien dans cette position. Et le déranger, le forcer à se retourner, ça m’embête. Donc j’ai tiré un trait sur la version et envisagé que mon bébé reste en siège.
  2. Bébé ne se retournait pas et nous envisagions l’accouchement par voie basse… en siège. Et ça fait flipper. Parce que ce n’est pas si courant. Parce que pour la majorité des gens, siège = césarienne. Et parce que pour qu’on t’autorise à accoucher par voie basse alors que ton bébé est en position de siège, il faut montrer patte blanche. Et patte blanche, c’est : que tu sois hyper motivée pour pousser, car l’équipe ne pourra pas t’aider ni utiliser d’instruments ; que bébé soit en bonne santé et ne montre aucun signe de faiblesse ; que le travail soit « royal » et rapide, car on se donne moins le temps pour un accouchement par le siège que pour un accouchement classique… et enfin, et surtout : une radio du bassin et une mesure de la tête de bébé qui prouvent que cette fameuse tête passera et ne restera pas coincée…(et ça, tu n’auras la réponse définitive qu’à la toute fin : suspense jusqu’au bout). Cela fait beaucoup de conditions et de pression sur tes épaules pour prendre la décision : comment savoir si j’ai vraiment envie de tenter cet accouchement par voie basse alors que je serai beaucoup plus surveillée et du coup, plus médicalisée que pour un accouchement « classique » ? Je n’ai jamais accouché, je ne sais pas si je suis capable de pousser comme une reine, sans aide. Accoucher par voie basse alors que son bébé est en siège, ce n’est pas une décision facile à prendre, ça fait peur.
  3. Bébé ne se retournait pas, mon bassin était trop étroit et tout cela finissait en césarienne programmée. C’est là que m’est venue l’envie impérieuse de rédiger un projet de naissance, dont je te parlerai plus amplement dans le prochain article. Car la césarienne, ce n’est en principe pas le rêve de toutes les futures mamans (sauf de celles qui ont vécu un accouchement par voie basse atroce). Beaucoup m’ont dit « mais c’est pas si terrible« , « quand t’as pas le choix t’as pas le choix » (quand c’est un mec qui te sort ça tu as envie de répondre « mais de quoi te mêles-tu?« ) et autres « mieux vaut une césarienne qu’un périnée bousillé« . Sauf que si une césarienne c’était si génial, tout le monde en voudrait. Mais en réalité, ton périnée est peut-être intact, mais tu as une cicatrice et tu mets plus de temps à t’en remettre (avec un séjour à l’hôpital plus long, ne pas pouvoir marcher, ni se doucher correctement à cause de la cicatrice et du pansement). Certaines femmes ne se sentent plus actrices de leur accouchement, et ont l’impression qu’on leur a volé ce moment, la naissance de leur bébé. C’est pas rien. Mais moi, ce qui m’a le plus dérangée dans ce que j’ai lu, et ce qui m’angoisse beaucoup, c’est que dans de nombreux cas, non seulement le papa n’a pas eu le droit d’être présent, mais en plus, la maman n’a pas eu le temps de voir son bébé (ou alors trente secondes) avant d’être séparée de lui de longues heures passées en salle de réveil. Certaines ont même découvert leur bébé lavé, habillé et nourri à leur retour dans la chambre… Et ça c’est un vrai cauchemar !

 J’ai donc rédigé un projet de naissance (que tu pourras lire lundi prochain !) pour me rassurer, et faire le point sur ce que je ne veux pas (car il est possible de bien vivre une césarienne si on en discute avant). Je te dirai bientôt à quel accouchement j’aurais eu droit !

s’habiller quand tu es enceinte

Sur les nombreux blogs « mode » , j’en ai rarement vus se consacrer à la femme enceinte. (Tu me diras, ce n’est pas vraiment mon genre de lecture)

Et pourtant, quand tu es enceinte la question de l’habillement devient très vite un problème. A partir des trois mois de grossesse, tu ne peux plus fermer tes pantalons. A partir de quatre mois, tu es boudinée dans tout. Et après, ça explose de partout : le ventre décomplexé.

Un rapide tour sur le net te permettra de remarquer les prix exorbitants des vêtements destinés aux femmes enceintes. La grossesse étant un état qui dure neuf mois, dont une bonne partie se déroule à « taille normale ou presque », tu te demanderas rapidement si ça vaut le coût d’investir un PEL dans des fringues que tu mettras quatre mois maximum (et qui ne t’iront parfaitement qu’à la fin, pendant ton congé maternité, c’est-à-dire quand tu ne sortiras presque plus). Allez : elles te serviront un an si tu es optimiste et que tu penses avoir d’autres enfants !

Alors que faire ? S’obstiner à porter tes anciens vêtements, braguette ouverte, au risque de les déformer ? Ou acheter ce manteau à 60€ minimum que tu mettras trois semaines maximum ?

En début de grossesse, je tournais avec deux pantalons H&M, un bleu, un noir, et c’était tout (mais ça m’avait déjà coûté 30€). Et puis j’ai capitulé.

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Tenue « casual » : Je ne suis pas une blogueuse mode je te le rappelle !

Parce que quand tu es enceinte, tu as besoin :

  1. D’être confortable.
  2. De te sentir belle, malgré ce corps que tu ne reconnais plus.

Et comment être confortable et te sentir belle quand tu as l’impression que tout ce que tu mets va finir par craquer ? Quand tu as, pour la première fois, raison en chouinant « j’ai rien à me mettre« . C’est juste impossible.

Donc j’ai craqué et j’ai acheté quelques vêtements sur un grand site internet bien connu qui commence par un A et qui offre la livraison, en plus de tarifs franchement très abordables. Moi qui suis habituellement pour porter des vêtements de qualité, j’ai oublié mes principes juste pour cette fois. Je n’ai pas acheté grand chose : un ou deux pantalons, une robe, quelques t-shirts. De quoi être à l’aise et porter des vêtements à ma taille.

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A part si tu veux t’habiller comme un sac poubelle, il faut vendre ton bébé pour acheter un de ces manteaux !

Je n’ai pas cédé pour le manteau parce que le plus froid de l’hiver était passé (je ne fermais pas les boutons, tant pis), par contre j’ai investi dans le maillot de bain pour pouvoir aller à la piscine. En tout j’ai donc du en avoir pour 200€, 250€, à peu près.

Je pense avec du recul, que si je m’y étais prise avant, j’aurais pu écumer les foires à tout et autres brocantes pour récupérer les vêtements de grossesse à peine portés des autres mamans…

Trop tard ! (Tant pis)