récit de mon accouchement hors normes

Je te l’avais promis cet article sur mon accouchement, le voilà ! Eh oui, j’ai donné naissance à une petite fille le 23 mai dernier. De le dire, de l’écrire, ça paraît fou. Je ne me pensais pas capable de faire quelque chose d’aussi incroyable, j’avais la trouille, et finalement, ça s’est très bien passé. Je garderai un très bon souvenir de cet accouchement, qui pourtant s’annonçait compliqué.

Souviens-toi, ma crevette se présentait en siège et n’avait pas l’air décidée à bouger. Cela m’angoissait beaucoup car si elle ne se tournait pas, mon accouchement ne serait pas un accouchement « classique », on m’avait prévenue. Après de nombreux questionnements et hésitations, j’avais décidé de tenter la voie basse malgré le siège (même si je t’avoue que jusqu’au dernier moment j’étais pas très sûre de moi). Il fallait que mon bassin soit assez large (et c’était le cas), il fallait que ce soit rapide (minimum un cm par heure), il fallait que le bébé ne montre aucun signe de faiblesse, il fallait que je pousse comme une championne, et il était fort probable que tout se passe au bloc, au cas où la césarienne s’avérerait nécessaire, car au moindre doute ils ne prendraient pas de risque.

Si je prends la peine de te rappeler tout ça, tu te doutes que c’est parce que ma progéniture ne s’est pas retournée… Pire, elle a croisé ses jambes sous ses fesses, en mode Bouddha, soit en siège complet. Si une grande majorité des maternités refusent l’accouchement en siège par voie basse, et encore plus quand c’est un siège complet, ça ne leur faisait pas peur à ma maternité ! (moi, si)

Alors voilà comment s’est passé mon accouchement un peu spécial…

bb

J’ai commencé à sentir des contractions qui picotaient un peu dans la nuit du samedi au dimanche. Mais comme on m’avait dit qu’il ne fallait pas s’affoler pour un premier enfant, j’ai attendu pour voir si ça passait. J’ai passé une très mauvaise nuit, les contractions étaient assez rapprochées, mais finalement au petit matin je me sentais beaucoup mieux, plus de contractions à l’horizon : ce n’était pas pour ce jour-là !

 La nuit suivante, rebelote, des contractions assez douloureuses et rapprochées, mais bon, on ne me la fait pas deux fois de suite, la veille ça s’était arrêté, et puis j’avais le temps pour un premier bébé. J’ai passé une nuit horrible au milieu de laquelle j’ai perdu le bouchon muqueux, ce qui m’a fait penser que le col était en train de se modifier. Mais une recherche rapide sur le net m’a appris que je pouvais très bien accoucher une semaine après avoir perdu le bouchon muqueux, que ça ne voulait rien dire (mais en fait, si).

Finalement nous voilà le lundi matin, après une nuit un peu inconfortable, les douleurs ne sont pas passées, serait-ce le jour J ? (Oui !) J’ai rendez-vous à la maternité le matin même, je leur demanderai à ce moment-là de jeter un oeil, au cas où. Je chronomètre mes contractions : toutes les dix minutes, on m’a dit de ne pas venir à plus de cinq, j’ai le temps !

Arrivée à la maternité, pas vraiment stressée, j’annonce que j’ai des contractions toutes les dix minutes, on me fait monter à l’étage pour m’examiner. « Non mais en fait tu contractes toutes les cinq minutes là » Ah bon ?! Ah oui, effectivement, je pensais qu’il fallait mesurer le temps entre chaque début de contraction. Et en fait c’est entre la fin de la première et le début de la suivante. Oups. Après examen du col, il s’avère qu’il est ouvert à 1,5 centimètres. La sage-femme me propose de rester ou de rentrer chez moi. Un centimètre et demi, j’ai le temps ! Et je ne me vois pas rester à la maternité toute seule sans mon chéri, je préfère rentrer. C’est donc tranquillou que je prends un uber pour rentrer à la maison.

 Une fois mis au courant, le futur papa insiste pour prendre son après-midi, même si je lui assure que son bébé ne sera pas là avant qu’il ait fini à 16h30, qu’il a le temps (il était midi). Je vais faire un petit dodo, on mange, et je me dis que je prendrais bien un bain. Le papa commence à trépigner et décide de sortir la chienne pour qu’on se dirige vers la maternité, ça fait assez longtemps pour lui. Pendant qu’il est dehors, je commence à sentir que ça fait un peu bobo là quand même. Je m’extirpe de la baignoire et regagne le lit tant bien que mal, où à peine allongée j’entends un « plop« … Je saute du lit, ça coule partout, une vraie cascade ! Paniquée, je cours dans la salle de bain, puis dans les toilettes, retourne dans la chambre, et finit par attraper une serviette (j’ai eu le temps de baptiser tout l’appartement). Quand le papa rentre avec le chien, je lui dis de ne pas glisser et je chouine qu’il faut vraiment y aller car depuis que j’ai perdu les eaux, les contractions sont juste insupportables ! On n’a plus le temps ! (Autant te dire qu’il a bien fait de prendre son après-midi finalement)

On fonce à la voiture, pour un voyage de vingt minutes où j’ai passé mon temps à insulter cette pauvre 207, et à me battre avec l’appui-tête pour pouvoir m’installer correctement, assise sur un sac poubelle (je n’ai pas réussi). Arrivés à la maternité vers 15h, j’ai mal, très très mal, et plus le temps passe, moins je gère. Je suis ronchon, et quand on me demande comment je vais, je réponds que j’ai envie de me rouler par terre. On me fait me déshabiller, on me demande de m’attacher les cheveux, mais je n’ai pris d’élastique. Quand on m’examine, je suis à trois centimètres, on peut me poser la péridurale : alléluia ! L’accouchement en siège m’obligeait à l’avoir, mais finalement je ne pense pas que j’aurais pu faire sans. J’avais tellement mal que je m’étais mise au bord du lit en position pour que l’anesthésiste ne perde pas de temps une fois qu’il serait là. (Et il est allé droit au but)

Une fois la péridurale posée, je n’ai plus mal du tout, j’aurais même pu faire une petite sieste. Je ne sais pas quelle heure il était. Toujours est-il que lorsque l’on m’a réexaminée, mon col était déjà ouvert à 7,5 centimètres… Ma fille arrivait très vite. Si bien que lorsque le gynécologue est passé pour m’examiner à son tour, j’étais déjà à dilatation complète. Je ne sais absolument pas pourquoi après m’avoir annoncé ça ils sont tous sortis (pour préparer le matériel ?) : toujours est-il que deux minutes plus tard je demandais à mon compagnon de les appeler parce que je sentais que ça poussait en bas.

Lorsque la sage-femme et le gynécologue sont revenus, tranquillement, et qu’ils ont soulevé le drap…

« Ah… on voit un pied« 

Tout de suite ils se sont affairés car mon bébé était décidée à arriver vite. Des stagiaires veulent assister à l’accouchement. Il y a pas mal de monde dans cette salle de naissance (eh oui, le gynéco a été cool et on n’est pas allés au bloc !) A ce moment-là, je me dis que c’est vraiment un accouchement hors-norme, et j’autorise le papa à aller jeter un œil pour voir les petits pieds de sa fille gigoter… (je ne me doutais pas qu’il regarderait tout, absolument tout, sans même être choqué).

On m’interdit de pousser, ma fille doit glisser toute seule vers la sortie. Elle s’est donc accouchée toute seule des pieds aux épaules : c’est au moment de sortir la tête qu’on m’a demandé de pousser. Mon compagnon m’a aidé en posant la main sur mon ventre pour me dire quand pousser. Tout est allé très rapidement, et à 18h30 elle était parmi nous. Moi qui avais peur de ne pas savoir comment pousser… A priori je n’ai pas eu de problème de ce côté- là !

Je me souviendrai toute ma vie du moment où l’on m’a mis ma fille sur le ventre et où nos regards se sont croisés. Son papa avait les larmes aux yeux. C’était vraiment magique. Et ce moment a duré deux heures car tout le monde était parti sur une césarienne… Le début du bonheur.

Ce n’est qu’après que je me suis souciée de l’état de mon propre corps : une petite déchirure, j’avais évité l’épisiotomie ! Et ce n’est que très longtemps après, en me repassant le film de mon accouchement en tête, que je me suis rendue compte que j’ai accouché : toute nue, en chaussettes, et, puisque je n’avais pas d’élastique…avec une culotte filet dans les cheveux ! Glamour toujours !

14 Replies to “récit de mon accouchement hors normes”

  1. super !!! <3 comme quoi.. moi je suis née en siège il y a plus de 40 ans, et on a pas fait tout se ramdam a ma mère.. enfin j'étais la 2eme, peut être que c'était plus facile. remarque maintenant que j'y pense, je crois qu'elle ne savait même pas que j'arriverai en siège !!! bravo en tout cas, j'ai aodré le "j'ai rebaptisé tout l'appart !!" !

  2. Wouhaou ! En effet, c’est un accouchement hors norme que tu nous racontes là !
    Bravo à toi et à ta petite fille : elle a bien fait de rester en siège, finalement, puisqu’elle a géré comme une cheffe !

  3. Comme quoi tout est possible ! Merci pour ce beau récit :)

  4. Et ben, quel accouchement
    T’inquiètes pour le look, tout le monde s’en fiche (toi la première, le jour J) … pour mon premier, j’ai réalisé après coup que j’avais déambulé toute la journée en pyjama et chausson car on était arrivé dans la nuit. D’ailleur, je n’avais pas de chaussure pour la sortie XD

  5. Maman délire : Ma grand-mère a appris au moment de son accouchement (après avoir sorti le 1er) qu’elle attendait des jumeaux, c’était aussi il y a quarante ans ! Il y a eu pas mal d’avancées depuis niveau échographies je pense lol !

    Louna : Oui elle a géré j’ai eu raison de lui faire confiance :)

    Merci Fanny :)

    Weena : T’es sortie pieds nus ? :P (J’ai failli sortir cul nu car je ne rentrais plus dans mon pantalon…)

  6. Non, en novembre, j’ai choisi de sortir avec mes pantoufles, j’étais plus à ça près XD

  7. Oh wow! Ca c’est de l’accouchement! Dans un sens tu me rassurerais presque pour le mien dans 3mois!

  8. Je viens de lire ton article et je dois avouer que tu es un warrior.
    Une petite déchirure en siège, chapeau bas.
    Mais bon l’essentiel est que vous soyez en bonne santé ta poupette et toi.

    Après le style accouchement soit on l’a soit on l’a pas, et je pense que tu ne devais pas être la pire…

  9. Honnêtement je me sens beaucoup moins warrior que celles qui souffrent des heures ! (j’aurais pas pu, vive la péri) Ca a été rapide et effectivement je remercie mon périnée ahah ! Mais c’est plus de la chance et de la génétique qu’autre chose :)

  10. […] Quand tu t’amuses à faire peur aux nullipares avec ton récit d’accouchement ! « Ça a duré deux jours, la tête est restée coincée, j’ai été déchirée, j’ai pas eu la péridurale, y’avait du sang partouuuut… » (psst, c’est pas vrai moi ça s’est bien passé) […]

  11. Bravo ! Tu es une championne de l’accouchement ! J’adore lire les récits d’accouchement qui se passent bien (les miens ont été une véritable catastrophe ).

  12. T’inquiète pas j’ai eu un allaitement catastrophique ça compense ;)

  13. […] la dernière fois je t’ai raconté mon accouchement de rêve, cette fois-ci tu vas moins m’envier puisque je vais te raconter la catastrophe de mon […]

  14. […] de devenir maman, je n’avais pas tellement d’avis sur les vaccins. Mon avis professionnel, tout ce […]

Laisser un commentaire